Le portrait
dans V.O.

JAFAR PANAHI

Une vidéo de : Jafar Panahi

Chef de file de la nouvelle vague iranienne, Jafar Panahi est devenu un symbole mondial de l’artiste en lutte contre la censure étatique. Dès ses premiers films, il s’empare de sujets de société difficiles : la place des femmes dans la société, l’injustice sociale et les absurdités du système politique iranien font partie de ses sujets de prédilection. La critique reconnaît immédiatement l’intelligence de son cinéma, son goût des portraits et la justesse du regard qu’il porte sur son entourage. C’est sans doute quelque chose qu’il partage avec son maître, Abbas Kiarostami, dont il a été l’assistant sur Au Travers des Oliviers (1994), et qui lui a écrit son premier long-métrage : Le Ballon Blanc (Caméra d’or à Cannes en 1995). Suivront plusieurs sélections dans les grands festivals européens, et des prix majeurs comme le Lion d’or à Venise (en 2000, pour Le Miroir), ou le Grand Prix du Jury à Berlin (en 2006 pour Hors Jeu). En 2010, il est arrêté par la police iranienne, alors qu’il était attendu au Festival de Cannes pour y être membre du jury. Il sera libéré sous caution suite à la pression médiatique exercée par le festival, mais il se verra condamné à 20 ans d’interdiction de réaliser des films et d’une interdiction de quitter le pays. Malgré cela, il continue à tourner en secret : Ceci n’est pas un film (2011) est filmé chez lui en partie avec une caméra numérique et avec un téléphone portable. Il y interroge le sens de cette condamnation en dressant discrètement un portait de l’Iran contemporain. Il triomphera avec Taxi Téhéran (2015), Ours d’or à Berlin, dans lequel il prétend être désormais devenu chauffeur de taxi. Son dernier film, Trois Visages (2018), a été sélectionné à Cannes en compétition officielle, où il remporte le prix du scénario. Hommage appuyé à Kiarostami, décédé en 2016, Trois Visages cherche aussi à penser l’Iran à travers trois femmes, de trois générations, confronté à des injustices terribles. Le style de Panahi a fortement évolué depuis sa condamnation, avec son ton quasi-documentariste pourtant rempli d’ambigüités : la réalité se mêle à la fiction en permanence, interrogant notre regard de spectateur sur le sens à donner aux images que Panahi nous montre.

Filmographie

1995 : Le Ballon blanc
1997 : Le Miroir
2000 : Le Cercle
2003 : Sang et Or
2006 : Hors Jeu
2011 : Ceci n'est pas un film
2013 : Pardé
2015 : Taxi Téhéran
2018 : Trois visages