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GUERMANTES

de Joachim Lafosse
En salles le 29 Septembre – France

SYNOPSIS

Leila et Damien s’aiment profondément. Malgré sa bipolarité, il tente de poursuivre sa vie avec elle sachant qu’il ne pourra peut-être jamais lui offrir ce qu’elle désire.

LA CRITIQUE DE LES INTRANQUILLES, RECOMMANDÉ PAR VOTRE MAGAZINE V.O.

C’est un film magnifique, écrit à plusieurs mains et autant de sensibilités, impliquant également les comédiens qui ont eu leur mot à dire, modifiant parfois leur texte pour se l’approprier. Le rendu final est saisissant : il y a quelque chose de profond et de fort qui tient sans doute au vécu de chacun, à la connivence qui s’est établie au cours du tournage et leur a permis d’appréhender de l’intérieur des personnages qui immédiatement nous parlent, nous concernent, nous touchent durablement. 

Dans Les Intranquilles, chaque acteur, actrice donne son prénom au personnage qu’il incarne, ce qui conduit d’emblée à une grande réactivité, à une forme de véracité troublante. Dans la vraie vie, ils pourraient ressembler à leur alter ego, expérimenter leurs failles, leurs errances. Les voilà, fragiles funambules, avançant sur le fil ténu qui sépare l’amour de la haine, la normalité de la folie, celle où l’on peut tous basculer d’un instant à l’autre. D’emblée le film attaque par une première scène joyeusement déstabilisante. Le temps est radieux. Damien est à la barre, son petit Amine sourit aux anges : père et fils partagent un moment de complicité, près des côtes, dans le bateau à moteur familial. Puis sans crier gare, Damien plonge à l’eau, affirmant qu’il va rentrer à la nage, et exhorte le garçonnet à conduire seul l’embarcation vers une plage qu’on n’aperçoit même pas. Amine s’exécute, l’air inquiet mêlé d’une sorte d’excitation. Le mouflet, dans ce bateau trop grand pour lui, dans cette immensité aqueuse, semble d’autant plus petit, si petit… Est-ce bien raisonnable  ? N’est-ce pas dangereux  ? Le père prend-il vraiment la mesure de ce qu’il demande à sa progéniture ? Serait-ce pour lui une sorte de rite initiatique ? Leila, la mère, restée sur la plage, se tord longtemps les mains d’inquiétude, tout en la dissimulant, scrute désespérément l’horizon en résistant à l’affolement – légitime au demeurant.

On a tôt fait de comprendre que l’acte de Damien n’est pas isolé, chaque minute qui passe révèle d’autres excentricités, d’autres surprises intenses. Jamais le quotidien de la petite famille n’est ce long fleuve tranquille qui permet de s’endormir sereinement en se laissant bercer par des flots constants. Mais, du moins, on ne s’ennuie jamais. Damien est drôle, imaginatif, agité, dissident, inspiré… Travailleur infatigable quand il s’attèle à peindre ses toiles. Un véritable artiste qui a besoin d’être dans l’excès pour créer. C’est ainsi qu’un œil extérieur pourrait le décrire. Damien est aussi un homme qui s’épuise tout en épuisant son entourage. Un diagnostiqué bipolaire qui ne parvient pas à accepter son état. Un compagnon que Leila porte à bout de bras jusqu’à l’épuisement de son stock de patience et de tendresse… 

Et quand plus rien ne va, elle appelle à la rescousse Patrick, le père de Damien. Sans commentaire, tous ont l’intelligence de ne pas s’adonner à l’autoflagellation, aux reproches, à la tentation de chercher des fautifs. Économisant les mots, sans effusions inutiles, ils ménagent leurs forces pour faire bloc, solidaires, autour de ce créatif aussi déjanté qu’extraordinaire, dans l’attente de ses prochaines (re)plongées dans ses gouffres de folie où nul ne peut l’atteindre. Il ne reste qu’à attendre sans espérer d’avenir meilleur, de rémission illusoire, en se méfiant des rêves et de leur lot de déceptions. Les ondes de choc qui s’ensuivront propageront l’intranquillité dans les zones encore épargnées, jusqu’au-delà de l’écran, dans le cœur même des spectateurs, tout aussi inquiets, attendris et impuissants que les protagonistes si loin, si proches de nous-mêmes et tellement attachants… Damien Bonnard, dont le talent n’est plus un secret, est tout simplement magistral dans le rôle principal, autant titanesque qu’à fleur de peau. A. F.

LES INTRANQUILLES

de Joachim Lafosse
avec
En salles le 29 Septembre - France -

Synopsis

Thème(s) du film :
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Visa : 152.274
Interdiction : Tous Publics
Format image : 1:66
Format son : 5.1
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